Nutrition

Il n’existe pas d’aliment miracle.

Des aliments qui soignent le corps et l’esprit

Lifestyle Certains aliments auraient des vertus thérapeutiques. Il existerait des «remèdes» dissimulés dans nos assiettes. Enquête entre croyances et sciences.

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Selon certaines études cliniques, l’ail, le thé vert, le soya et l’épice curcuma posséderaient une grande quantité de composés anticancéreux, alors que le chocolat noir combattrait la dépression et augmenterait les facultés intellectuelles. En 2013, The New England Journal of Medecine publie un article controversé qui prouverait que les flavonoïdes, molécules que l’on retrouve dans le cacao, le vin rouge et quelques fruits, auraient des propriétés médicales afin de lutter contre la dégénérescence cognitive liée à l’âge.

Le rapport révèle également qu’il existerait une corrélation entre la consommation de chocolat au sein d’une population et son nombre de Prix Nobel. Info ou intox, la Suisse, grande dégustatrice des fèves, se classe première. Ces aliments dits fonctionnels sont également appelés «alicaments» naturels. À ne pas confondre avec les produits nutraceutiques – pour nutriments et pharmaceutiques – comme les suppléments alimentaires. La liste de ces «guérisseurs », qui compte aussi l’huile d’olive, la tomate ou les baies, n’est pas approuvée par l’ensemble de la communauté scientifique.

Il n’existe pas d’aliment miracle.

Certains spécialistes restent sceptiques et craignent les comportements extrêmes à l’image de certains régimes à la mode. «Il serait dommage de limiter sa consommation à certains vivres. Plus la palette de nutriments est variée au quotidien, mieux ce sera pour la santé. Il n’existe pas d’aliment miracle», estime Muriel Jaquet, diététicienne à la Société Suisse de Nutrition. Un avis partagé par Luc Tappy, professeur de la Faculté de biologie et de médecine de Lausanne. «Une alimentation saine et équilibrée maintient les personnes en santé. Mais les ingrédients d’un met, quels qu’ils soient, ne guérissent pas les maladies.»

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Croyances ancestrales

Une affirmation contredite par nos ancêtres qui croyaient vivement à leurs effets curatifs. «Nos aïeuls tentaient d’utiliser les aliments comme remèdes à tâtons, sans connaître réellement leurs propriétés chimiques. Et parfois de manière surprenante», explique Alexandre Wenger, professeur dans le cadre du programme «Médecine et Société» de la Faculté des sciences de l’Université de Fribourg, qui a organisé une exposition virtuelle sur les liens méconnus entre médecine et nutrition.

Au Moyen-Âge, par exemple, les docteurs assuraient que le citron guérissait les infections rénales. Quant au poivre, selon le Trésor de la Santé, manuel médical datant de 1607, il venait à bout des fièvres intermittentes. Simple conviction ou dogme, les avis à ce jour restent partagés. Mais tous se rejoignent pour déclarer que le plaisir ainsi que la notion de partage à table, restent d’excellentes solutions pour vivre longtemps en bonne santé. Simple conviction ou dogme, les avis à ce jour restent partagés.